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Données OLP ministère de la Culture · export juillet 2026 · fichiers nationaux 2015-2024

🚨 1 bibliothèque pour 88 000 habitants

Marseille affiche la plus faible densité de lecture publique des grandes villes françaises : 3 à 6 fois moins d'équipements par habitant que Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Rennes.

📄 Observatoire de la lecture publique

Lecture publique à Marseille :
les chiffres du réseau fantôme

Les données officielles du ministère de la Culture, croisées avec dix grandes villes françaises, mesurent l'ampleur du sous-équipement marseillais : moins de bibliothèques, moins d'heures d'ouverture, moins de personnel, moins de lecteurs. Décryptage à partir de l'entrepôt de données publiques de l'Observatoire de la lecture publique.

📊 1,1 bibliothèque / 100 000 hab 📖 1,85 prêt / habitant / an 🪪 8,8 % d'inscrits actifs 👥 2,3 % d'emprunteurs actifs 🏛️ 72 % de la surface dans le seul Alcazar 📅 0 bibliothèque ouverte le dimanche 📂 Fichiers nationaux 2015-2024 en téléchargement

Ce que disent les données du ministère

Chaque année, l'Observatoire de la lecture publique du ministère de la Culture interroge plus de 15 500 bibliothèques territoriales : surfaces, horaires, collections, personnels, fréquentation, prêts. Ces données, publiées en open data, permettent une chose que la communication municipale ne fait jamais : comparer Marseille aux villes de taille comparable.

Pour Marseille (879 238 habitants dans la base), l'entrepôt recense dix entrées : neuf lieux d'accueil du public — l'Alcazar, Bonneveine, Le Merlan, Salim-Hatubou, les Cinq Avenues, Le Panier, Saint-André, Castellane, La Grognarde — et un service « Hors les murs » sans accueil sur place. Le tout constitue la BMVR de Marseille.

« Toutefois, ce réseau n'est pas suffisamment dense ni suffisamment étendu pour une ville de la taille de Marseille. Face à ce sous-équipement, des axes de développement sont soumis à la réflexion. » — Fiche officielle de la DRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur, ministère de la Culture
🚨 Le chiffre qui résume tout

Avec 1,14 établissement pour 100 000 habitants, Marseille est très loin derrière toutes les grandes villes françaises : Lyon en compte 3,2, Nice 4,0, Toulouse 4,3, Bordeaux 4,9, Lille 5,5 et Rennes 7,0. Même en ajoutant la médiathèque Loubon attendue en 2026, le ratio marseillais resterait le plus bas de France parmi les grandes villes.

Marseille face aux autres grandes villes

Le tableau ci-dessous compare les indicateurs de la base pour les grandes villes françaises. Chaque valeur est rapportée à la population communale pour neutraliser l'effet de taille. Les cases « n.r. » signalent les villes n'ayant pas renseigné la donnée dans l'enquête. Les colonnes des inscrits actifs et des emprunteurs actifs sont tirées des fichiers bruts de l'exercice 2023 (variables E101 et E102, voir partie VI) : un inscrit actif a eu une carte valide au moins un jour dans l'année, un emprunteur actif a en plus emprunté au moins un document. Les 36 % d'inscrits de Lille et les 5 % de Toulouse tiennent vraisemblablement à la façon de compter les inscrits d'un réseau (une carte commune comptée dans chaque lieu, ou dans le seul lieu central).

Ville Population Établ. Établ. / 100 000 hab m² / 100 hab Inscrits actifs (% pop.) Emprunteurs actifs (% pop.) Prêts / hab ETP / 10 000 hab
Marseille 879 238 10 1,14 3,3 8,8 % 2,3 % 1,85 2,4
Lyon 528 550 17 3,22 8,1 22,3 % 6,0 % 7,53 n.r.
Toulouse 509 200 22 4,32 6,5 5,4 % 4,8 % 5,29 n.r.
Nice 351 011 14 3,99 5,1 11,4 % 2,4 % 2,76 4,0
Nantes 328 144 9 2,74 3,8 16,6 % 5,1 % 5,79 n.r.
Montpellier (réseau métropolitain) 305 743 8 2,62 6,7 15,2 % 3,6 % 4,30 2,2
Strasbourg 294 229 11 3,74 7,5 10,9 % 3,4 % 5,23 4,4
Bordeaux 265 255 13 4,90 8,9 22,5 % 5,7 % 4,85 n.r.
Lille 238 542 13 5,45 8,4 36,4 % 3,0 % 1,57 6,3
Rennes 229 178 16 6,98 6,9 28,4 % 7,1 % 3,03 5,3

📊 Prêts annuels par habitant

Marseille
1,85
×1
Rennes
3,03
×1,6
Montpellier
4,30
×2,3
Bordeaux
4,85
×2,6
Strasbourg
5,23
×2,8
Toulouse
5,29
×2,9
Nantes
5,79
×3,1
Lyon
7,53
×4,1
💡 Ce que mesure ce ratio

Le nombre de prêts par habitant est l'indicateur d'usage le plus robuste de l'enquête : il agrège l'accessibilité (y a-t-il une bibliothèque près de chez moi ?), l'attractivité (les horaires, l'offre) et la pratique. Un Lyonnais emprunte en moyenne quatre fois plus qu'un Marseillais. Ce n'est pas une différence d'appétence pour la lecture : c'est une différence d'offre de service public.

1,14
établissement pour 100 000 habitants
(3 à 6 fois moins que les villes comparables)
29 208 m²
de surface totale, dont 21 000 m² pour le seul Alcazar (72 %)
29 h
d'amplitude hebdomadaire médiane
(Bordeaux monte à 51 h, Toulouse à 45 h)
209,5
ETP salariés, dont 126,5 à l'Alcazar — soit 2,4 ETP pour 10 000 hab
1,15 €
de dépenses documentaires par habitant et par an (2,4 à 3,9 € ailleurs)
0 / 10
bibliothèque ouverte le dimanche, selon les déclarations de l'enquête

Un réseau, ou un Alcazar entouré d'annexes ?

Ouvert en 2004 pour 62 millions d'euros, l'Alcazar est la plus grande bibliothèque municipale à vocation régionale de France. C'est un équipement remarquable — et c'est précisément le problème : il concentre l'essentiel des moyens du réseau. Hors Alcazar, les huit autres lieux d'accueil totalisent environ 8 200 m², soit moins de 1 m² pour 100 habitants pour tout le reste de la ville.

Part de l'Alcazar — surface
72 %
21 000 m²
Part de l'Alcazar — livres
67 %
547 217
Part de l'Alcazar — personnel (ETP)
60 %
126,5 ETP
Part de l'Alcazar — prêts
45 %
740 021

À l'autre bout du spectre, la bibliothèque de Castellane tient sur 100 m² et celle du Panier sur 277 m². Ce sont des surfaces de bibliothèque de bourg rural, dans la deuxième ville de France.

⚠️ Sept arrondissements sans lieu de lecture publique municipal

D'après les adresses de la base, les 3ᵉ, 5ᵉ, 7ᵉ, 9ᵉ, 10ᵉ, 12ᵉ et 13ᵉ arrondissements ne disposent d'aucune bibliothèque municipale accueillant du public — le 3ᵉ n'héberge que le service « Hors les murs », sans accueil. Le 3ᵉ arrondissement, l'un des plus pauvres de France avec environ 50 000 habitants, attend la médiathèque Loubon, annoncée pour 2026 dans l'ancienne minoterie de la Belle de Mai (1 200 m² de bibliothèque, 36 000 documents).

Personnel, horaires, acquisitions : la triple pénurie

👥 Le personnel

La base recense 209,5 ETP salariés pour l'ensemble du réseau, soit 2,4 ETP pour 10 000 habitants — contre 4,0 à Nice, 4,4 à Strasbourg, 5,3 à Rennes et 6,3 à Lille (parmi les villes ayant renseigné la donnée). Cette pénurie est le produit d'une décision documentée : selon l'adjoint à la culture Jean-Marc Coppola, cité par Livres Hebdo, il n'y avait plus aucun recrutement dans les bibliothèques depuis 2017. La Ville a validé 70 postes en 2023, avec des recrutements poursuivis en 2024, 2025 et 2026.

🕐 Les horaires

L'amplitude hebdomadaire médiane du réseau est de 29 heures, avec un maximum de 40 heures à la médiathèque Salim-Hatubou — quand Bordeaux atteint 51 heures et Toulouse 45 heures sur leur meilleur équipement. Dans cette édition de la base (exercice 2023), l'Alcazar déclare 25 heures hebdomadaires : c'est le niveau auquel la bibliothèque centrale était tombée depuis 2014, avant sa remontée récente ; le fichier national de l'exercice 2024 lui attribue désormais 45 heures (voir partie VI). Et aucune des dix structures n'ouvre le dimanche, alors que l'extension des horaires est un axe national soutenu par des aides d'État dédiées.

💰 Les acquisitions

Les dépenses documentaires déclarées s'élèvent à environ 1 million d'euros par an, soit 1,15 € par habitant — contre 2,43 € à Toulouse, 2,58 € à Lille, 3,19 € à Strasbourg et 3,85 € à Rennes. Acheter deux à trois fois moins de documents par habitant, c'est mécaniquement des collections qui vieillissent et des lecteurs qui décrochent.

🔥 Et pendant ce temps, le réseau craque

En juillet 2026, Marsactu décrit un réseau qui « ne tient plus qu'à un fil » : les personnels font tourner les neuf sites sans les renforts attendus, et le maintien de plusieurs bibliothèques de quartier ainsi que de l'offre numérique serait en question — pendant que l'Alcazar, vingt ans après son ouverture, fonctionne avec une climatisation de secours installée sur le trottoir.

Comment on en est arrivé là

📅 2004 — Ouverture de l'Alcazar Après un chantier de 62 M€ lancé sous la municipalité Gaudin, la BMVR ouvre cours Belsunce. Le geste est fort, mais il concentre durablement les moyens sur un équipement unique de centre-ville.
📅 2015 — Le plan de développement de la lecture publique Adopté fin 2015 sur la base de l'étude de l'agence Abcd Culture, il vise à faire passer le réseau de 8 à 16 établissements pour desservir les zones dépourvues. Dix ans plus tard, l'objectif reste très loin d'être atteint.
📅 2017 — Arrêt des recrutements Selon l'adjoint à la culture cité par Livres Hebdo, plus aucun recrutement n'intervient dans les bibliothèques à partir de 2017. L'Alcazar tombe à 25 heures d'ouverture hebdomadaire dès 2014.
📅 2020 — Ouverture de la médiathèque Saint-Antoine Premier équipement issu du plan de 2015, dans le nord-ouest de la ville, devenu depuis la médiathèque Salim-Hatubou. La même année, la bibliothèque des Cinq-Avenues ferme faute de personnel, avant de rouvrir.
📅 2023 — 70 postes votés La municipalité élue en 2020 valide 70 postes ; les recrutements se poursuivent en 2024-2026, permettant la remontée progressive de l'Alcazar à 39 heures hebdomadaires.
📅 2026 (attendu) — La médiathèque Loubon Annoncée dans l'ancienne minoterie de la Belle de Mai (3ᵉ) : 1 200 m² de bibliothèque, 36 000 documents, jeu vidéo, salles de travail, dans un arrondissement de 50 000 habitants sans aucune bibliothèque.
📅 Juillet 2026 — L'alerte Marsactu Enquête sur un réseau « qui ne tient plus qu'à un fil » : renforts non arrivés, maintien de bibliothèques de quartier et de l'offre numérique en question, à quelques mois des élections municipales.

Dix ans de données brutes du ministère, bibliothèque par bibliothèque

Le Service du livre et de la lecture du ministère de la Culture publie chaque année les données brutes de l'enquête : 38 fichiers CSV couvrant les exercices 2015 à 2024, un rapport par réseau jusqu'en 2018, puis un rapport par lieu et un par réseau depuis 2019. Nous les avons récupérés, décodés grâce au questionnaire officiel, et nous les mettons en téléchargement plus bas. Ils ajoutent trois choses à l'export utilisé dans les parties précédentes : le détail lieu par lieu, la trajectoire sur dix ans, et l'exercice 2024 (collecté en 2025), plus récent que l'export de juillet 2026, qui reflète l'exercice 2023.

📉 Marseille 2015-2024 : la trajectoire

Jusqu'en 2017, la Ville remplit un rapport unique pour tout le réseau. Puis plus rien pendant quatre exercices : aucune donnée d'activité n'a été transmise au ministère pour 2018, 2019, 2020 ni 2021, alors que les lieux figurent bien dans le fichier de structure. La série reprend en 2022, lieu par lieu.

ExerciceRéponse à l'enquêteETPT salariésAgents (personnes)Dépenses d'acquisitionInscrits actifsEmprunteurs actifsEntréesPrêtsAlcazar h/sem
2015rapport unique réseau263,62691 495 000n.r.20 5421 116 718n.r.40
2016rapport unique réseau294,93011 418 20273 29118 6311 439 107n.r.40
2017rapport unique réseau278,52911 418 20273 29118 6311 439 107n.r.40
2018non-réponse aucune ligne Marseille dans le fichier national
2019 → 2021non-réponse les 9 puis 10 lieux existent dans le fichier de structure, mais aucune donnée d'activité n'a été transmise trois années de suite
202210 lieux renseignés54,3 (partiel)651 033 18666 70818 595898 3361 536 74725
202310 lieux renseignés209,6228991 77677 58720 245989 1251 630 36425
202410 lieux renseignés177,4228911 82286 21523 2861 004 6641 657 61545
⚠️ Ce que dit la série longue

Entre 2015 et 2024, le réseau déclare un tiers d'ETPT en moins (263,6 → 177,4) et 39 % de dépenses d'acquisition en moins en euros courants (1,50 M€ → 0,91 M€), soit davantage encore en euros constants. Les entrées passent de 1,44 million en 2016 à 1,00 million en 2024 (−30 %). Les quatre exercices sans réponse (2018-2021) interdisent toute mesure de l'effet de la crise sanitaire et du début de mandat.

Depuis 2022, la remontée est réelle : +29 % d'inscrits actifs, +25 % d'emprunteurs actifs, +12 % d'entrées, +8 % de prêts en deux ans, et l'Alcazar passe de 25 à 45 heures hebdomadaires déclarées dans le fichier 2024. Mais le budget d'acquisition continue de reculer (−12 % sur la même période).

Précautions : 2017 reproduit à l'identique plusieurs valeurs de 2016 (inscrits, emprunteurs, entrées, dépenses), probable recopie. En 2022, les ETPT ne sont renseignés que pour une partie des lieux (54,3) : valeur inexploitable. En 2024, Le Panier ne renseigne pas ses ETPT. Le nombre d'agents en personnes (228) est identique en 2023 et 2024 alors que les ETPT passent de 209,6 à 177,4 : l'écart peut tenir à un changement de décompte à l'Alcazar (126,5 → 103) plutôt qu'à des départs.

🏛️ Les dix lieux en 2024, un par un

Exercice 2024, données déclarées par chaque lieu. ETPT = équivalents temps plein travaillés salariés ; inscrits et emprunteurs = actifs dans l'année ; acquisitions = dépenses documentaires de fonctionnement.

LieuArr.Surfaceh/semJours/anPlacesETPTInscritsEmprunteursEntréesPrêtsAcquisitions
Alcazar (BMVR)1er21 000452961 266103,051 23315 361517 330792 059450 503
Bonneveine8e2 0002923810019,810 7892 292158 432370 819141 058
Le Merlan14e2 550292566614,05 8701 50457 253134 131126 589
Salim-Hatubou15e982402529211,03 79495980 59470 06830 775
Service Hors les murs3e1 10430224n.r.5,00007 49531 678
Saint-André16e50024193606,31 53733824 38124 88222 284
La Grognarde11e43029234166,84 4051 00741 827100 24932 028
Le Panier2e2772910710n.r.70112712 6426 32617 918
Cinq Avenues4e26529249256,63 59689154 96576 00331 550
Castellane6e1003124255,04 29080757 24075 58327 439
Réseau29 208méd. 291 640177,486 21523 2861 004 6641 657 615911 822
💡 Lecture

L'Alcazar concentre 72 % de la surface, 77 % des places assises, 58 % des ETPT, 59 % des inscrits, 66 % des emprunteurs, 51 % des entrées, 48 % des prêts et 49 % des dépenses d'acquisition du réseau. À l'autre bout : Castellane, 100 m² et 5 places assises dans une station de métro, accueille pourtant 57 000 entrées par an ; Le Panier n'a ouvert que 107 jours en 2024 ; le service Hors les murs n'a, par construction, ni inscrits ni entrées. Trois bibliothèques de quartier (Cinq Avenues, Le Panier, Castellane) tiennent chacune sur moins de 300 m².

🆚 Exercice 2024 : la comparaison actualisée

Mêmes villes que la partie II, mais recalculées directement dans les fichiers 2024, lieu par lieu, avec la population communale du fichier de structure. Les lieux comptés sont les bâtiments ouverts au public situés dans la commune (bibliobus et sites purement administratifs exclus), d'où des effectifs légèrement différents de la partie II.

VillePopulationLieux ouvertsLieux / 100 000 habm² / 100 habInscrits actifs (% pop.)Emprunteurs actifs (% pop.)Entrées / habPrêts / habh/sem max · médianeOuverts le dimanche
Marseille879 238101,143,39,8 %2,6 %1,141,8945 · 29,00 / 10
Paris2 149 216683,163,612,3 %3,3 %2,394,8048 · 35,011 / 68
Lyon528 550163,038,123,7 %6,4 %4,157,6444 · 34,00 / 16
Toulouse509 200214,126,25,2 %4,4 %3,154,9245 · 33,02 / 21
Nice351 011123,424,211,1 %2,1 %n.r.2,2840 · 24,80 / 12
Nantes328 14492,743,818,7 %4,5 %2,396,2946 · 30,03 / 9
Montpellier (commune seule)305 74361,965,114,3 %3,3 %2,683,8644 · 26,51 / 6
Strasbourg (prêts 2024 à confirmer)294 22993,067,510,4 %3,8 %2,9011,1440 · 28,00 / 9
Bordeaux265 255103,778,924,3 %6,4 %3,165,4051 · 30,01 / 10
Lille238 542114,615,640,6 %4,6 %1,533,4445 · 26,01 / 11
Rennes (exercice 2023)226 654135,745,328,7 %7,2 %2,943,0638 · 22,51 / 13
🚨 Marseille dernière sur quatre indicateurs

Sur l'exercice 2024, Marseille est dernière des onze villes pour les lieux par habitant (1,14 pour 100 000), la surface par habitant (3,3 m² pour 100), les entrées par habitant (1,14) et les prêts par habitant (1,89). Elle est avant-dernière pour la part d'emprunteurs actifs (2,6 %, devant Nice) et pour la part d'inscrits actifs (9,8 %, devant Toulouse). Un Lyonnais entre près de quatre fois plus souvent dans une bibliothèque qu'un Marseillais (4,15 entrées par an contre 1,14) et emprunte quatre fois plus (7,64 prêts contre 1,89). Marseille reste, avec Lyon, Nice et Strasbourg, l'une des quatre villes sans aucune ouverture dominicale.

⚠️ Précautions propres à ce tableau

Rennes n'a transmis qu'un lieu sur treize pour 2024 : l'exercice 2023 est utilisé. Strasbourg déclare 3,28 millions de prêts en 2024 contre 1,51 million en 2023 : doublement suspect, à confirmer. Lille affiche 40 % d'inscrits et Toulouse 5 % : ces deux extrêmes tiennent vraisemblablement à la façon de compter les inscrits d'un réseau (une carte commune comptée dans chaque lieu, ou dans le seul lieu central). Nice ne renseigne pas ses entrées. Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Montpellier et Bordeaux ne renseignent ni ETPT ni dépenses : ces colonnes ne figurent donc pas ici. Montpellier ne compte que 6 lieux dans la commune sur les 14 du réseau métropolitain.

📂 Télécharger les données

Fichiers du ministère, tels que publiés (UTF-8, séparateur point-virgule), et extraits préparés par nos soins. Le jeu complet 2015-2024 (38 fichiers, environ 300 Mo) est disponible sur la page de l'Observatoire de la lecture publique ; les formats 2026 sont décrits sur GitHub (culturegouv/observatoire-lecture-publique).

💡 Comment lire les fichiers

Chaque colonne porte le code de la question du formulaire : C101 heures d'ouverture hebdomadaires tous publics, C102 jours d'ouverture annuels, C103 places assises, C116 ouverture le dimanche, C301 surface utile nette (m²), D128 livres imprimés, E101 inscrits actifs, E102 emprunteurs actifs, E147 entrées, E239 total des prêts, F314 dépenses d'acquisition de documents (fonctionnement), G102 ETPT salariés, G135 agents salariés en personnes. Le fichier de structure donne l'adresse, le code INSEE et la population de la commune ; la jointure avec le fichier d'activité se fait par le code lieu (colonne « Code »). Un inscrit actif a eu une carte valide au moins un jour dans l'année ; un emprunteur actif a en plus emprunté au moins un document. L'ETPT est proportionnel à la quotité et à la durée de présence dans l'année.

D'où viennent ces chiffres, et ce qu'ils ne disent pas

Tous les indicateurs de cette page sont calculés à partir de l'export du jeu de données « Adresses des bibliothèques publiques » de l'Observatoire de la lecture publique (data.culture.gouv.fr, export de juillet 2026), qui intègre les variables de l'enquête annuelle : surface, amplitude horaire, collections, emprunteurs, entrées, prêts, personnels, dépenses. Les ratios par habitant utilisent la population communale fournie par la base elle-même.

La partie VI s'appuie sur une seconde source, plus fine : les fichiers annuels bruts de l'enquête publiés par le Service du livre et de la lecture (38 fichiers CSV, exercices 2015 à 2024), décodés à l'aide du questionnaire et de l'aide à la saisie officiels, et mis en téléchargement sur cette page. Les deux sources ne se recoupent pas parfaitement : l'export « Adresses » agrège ses propres indicateurs (le taux d'« emprunteurs » de l'export ne correspondait à aucune variable des fichiers bruts : les colonnes de la partie II ont donc été remplacées par les inscrits actifs et les emprunteurs actifs de l'exercice 2023, variables E101 et E102, rapportés à la population communale affichée), et compte des entrées que nous excluons ici (bibliobus, sites administratifs). Les ordres de grandeur sont identiques dans les deux cas.

💡 Précautions de lecture

Année de référence : les données d'activité de l'export correspondent à l'exercice 2023 (confirmé par les fichiers bruts : l'Alcazar y figure à 25 h hebdomadaires, contre 45 h dans l'exercice 2024). Non-réponses : Paris, Lyon, Nantes et Bordeaux n'ont pas renseigné les ETP ni certaines dépenses ; ces villes sont exclues des comparaisons concernées. Périmètres : le réseau de Montpellier est métropolitain et donc partiellement sous-compté sous le seul code commune. Anomalies ponctuelles : quelques valeurs de la base sont manifestement erronées (fréquentation de Nice, code postal de Salim-Hatubou) et ont été neutralisées ou corrigées lorsque c'était possible. Ces limites ne changent pas les ordres de grandeur : sur tous les indicateurs disponibles, Marseille est dernière ou avant-dernière.

Ce que le citoyen doit retenir

✅ Ce qui est vrai

Il y a une inflexion réelle depuis 2020 : 70 postes votés en 2023, recrutements poursuivis, Alcazar remonté à 39 puis 45 heures hebdomadaires déclarées, médiathèque Salim-Hatubou ouverte, médiathèque Loubon en chantier. L'État lui-même salue une municipalité « partie d'une situation dégradée » qui a « pris le problème à bras-le-corps ». Ces progrès sont documentés et méritent d'être reconnus.

⚠️ Ce qui est contestable dans le récit

Présenter le réseau comme en « résurrection » masque l'ampleur du chemin restant : même après Loubon, Marseille restera à environ 1,2 établissement pour 100 000 habitants, soit le tiers de Lyon et le sixième de Rennes. L'objectif du plan de 2015 — 16 établissements — supposerait de doubler le réseau. Au rythme d'une ouverture tous les six ans, il faudrait plusieurs décennies.

🎭 Ce que le récit occulte

La géographie du manque : sept arrondissements sans aucun lieu de lecture publique municipal, dont plusieurs parmi les plus pauvres et les plus jeunes de la ville. Là où l'école publique manque déjà de tout, il n'y a pas non plus de bibliothèque. Le sous-équipement en lecture publique redouble les inégalités scolaires — et aucun document municipal ne présente cette carte.

📌 L'enjeu démocratique

Une bibliothèque est le seul équipement culturel gratuit, sans condition et sans inscription obligatoire. C'est aussi un lieu de travail pour les collégiens et lycéens qui n'ont pas de chambre calme, un accès à internet pour ceux qui n'en ont pas, un service public de proximité au sens le plus littéral. La question posée aux candidats aux municipales de 2026 tient en une ligne : quel calendrier, quels sites et quels budgets pour atteindre enfin les 16 établissements promis en 2015 ?